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SPORT : Interview de Shana Grébo, championne de France d'athlétisme

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Pour ce dossier spécial sport, nous vous proposons de découvrir la championne de France de 400m haies en titre, Shana Grébo. Shana est originaire de Rennes où elle a grandit depuis l'âge de 4 ans. Auréolée d'une médaille d'or au championnat de France d'athlétisme 2021 qui a eu lieu à Angers, elle poursuit actuellement ses études aux États-Unis. Notre envoyé spécial est allé recueillir directement aux USA ses propos en exclusivité pour l'Écho des Moulins.

Écho des Moulins : Shana, vous êtes née à Rennes en 2000 et en 2021, vous remportez la finale de 400m haies au championnat de France d'athlétisme à Angers. Est-ce que vous avez toujours vécu à Rennes ?
Shana Grébo : Je suis arrivée à Rennes à l'âge de 4 ans, j'habitais dans une commune au sud de Rennes durant mes premières années.

EDM : Quel est votre parcours scolaire ? Étiez-vous une bonne élève ?
SG : J'ai toujours été scolarisée dans des établissements privés à Rennes : école Saint Michel, collège Saint Hélier, lycée Saint Martin. Pour mes études supérieures, j'ai rejoint le lycée René Descartes afin de réaliser un BTS en professions immobilières. Aujourd'hui, je suis aux États-Unis, dans l'État d'Oregon et j'y suis un cursus en business marketing. J'ai toujours été une élève correcte, mais j'avais tendance à vite délaisser les matières qui ne me passionnaient pas. En revanche, je me donnais à 200% quand le sujet m'intéressait beaucoup.

EDM : À quel âge avez-vous commencé le sport ? Quand et comment avez-vous choisi l'athlétisme, puis les haies et enfin le 400m haies ? Qu'est-ce qui vous plaît dans cette discipline ?
SG : J'ai toujours fait du sport. Petite j'étais très dynamique, voire hyperactive. Cela m'a permis de trouver un moyen de me dépenser et de laisser mes parents souffler en peu. Après avoir fait de la natation, du judo, de la gymnastique, de la danse (où je n'étais franchement pas douée), j'ai découvert l'athlétisme à 10 ans. En 2010, j'ai participé à une course au sein de mon quartier (Le Blosne) et j'ai terminé première. J'ai adoré les sensations, le goût de l'effort et de la victoire. On m'a offert une licence d'un an dans un club d'athlétisme rennais : l'APSTT (devenu ACB) dans lequel je suis restée 3 ans avant de rejoindre le HBA. J'ai commencé les haies au collège (Saint Hélier) grâce à des professeurs d'EPS assez exceptionnels (Michel Commeureuc, Bernard Chanvillard) qui me suivent toujours aujourd'hui. Ils voyaient en moi un potentiel et m'ont encouragée. Cela a nourri mes ambitions et m'a confortée dans le choix de continuer ce sport. Les haies n'ont pas été une évidence au départ, ce n'était pas du tout " inné " chez moi. J'aimais le challenge que cela représentait, alors j'ai décidé de m'accrocher, de travailler et les efforts ont payé d'années en années sur la discipline. L'épreuve du 400 mètres haies me plaît parce qu'elle allie technique (au-dessus des obstacles) et résistance. C'est une distance dans laquelle il y a toujours des rebondissements, on ne s'ennuie jamais que ce soit en tant que coureur ou spectateur.

EDM : Si je vous dis : Stade du Lac de Maine, juin 2021, Angers, 56s84 ? À quoi pensez-vous ?
SG : Cela m'évoque ma première médaille d'or " chez les Grands ". C'était un beau moment, j'en garde de supers souvenirs avec ma famille, mes amis et mon club.

EDM : Dans quel état d'esprit êtes-vous presque 1 an après ?
SG : Je pense que j'ai gagné en confiance depuis cette course. J'ai encore appris davantage de choses sur ma discipline. J'ai envie de continuer ma progression et j'ai de plus en plus d'ambition pour les grands championnats ! Je n'ai pas peur de voir en grand !

EDM : Comment devient-on championne de France de 400m haies ?
SG : Selon moi, le travail est le numéro 1. Il faut s'arracher à l'entraînement et arriver en compétition avec les crocs. Ensuite, il faut bien s'entourer, on ne peut rien faire seul. Il faut trouver un endroit dans lequel on se sent bien, où l'on prend du plaisir. Enfin, je dirais qu'il faut avoir de l'ambition, qu'il ne faut pas se cacher derrière ses objectifs et que ce n'est pas de la prétention. Mettre des mots sur ses objectifs permet d'avoir un fil conducteur dans sa préparation. Il n'y a rien de plus motivant que de se réveiller en se rapprochant chaque jour un peu plus de ses rêves. C'est propre à chacun mais c'est comme ça que je vois les choses personnellement.

EDM : Quels sont vos prochains objectifs ? Quelle est votre actualité ?
SG : Je me suis fixé beaucoup d'objectifs pour cet été. J'aimerai conserver mon titre de championne de France Élite sur 400m haies, participer au championnat du monde en juillet et au championnat d'Europe en août. Il me reste encore du boulot mais je sens que j'ai progressé sur certains points.

EDM : Pourquoi avez-vous accepté de collaborer avec la ville de Nouvoitou ? Et de parrainer la 1ère édition du Défi 2024 km ?
SG : J'ai accepté parce que cela me fait plaisir de partager mes expériences et donner envie aux gens de faire du sport. Le fait que des élus soient sensibles à l'importance du sport et aux valeurs qu'il véhicule m'a touché. C'est grâce à une course de quartier que j'ai découvert l'athlétisme puis le haut niveau. J'ai envie de m'impliquer dans ce projet car je dirais que c'est une manière de rendre au sport ce qu'il m'a donné. Cela va bien au-delà des médailles et des records, c'est " l'école de la vie " comme on dit. Grâce à des communes comme Nouvoitou, on peut faire évoluer les choses, encourager les gens à faire de l'activité physique, partager des valeurs fortes, créer de la cohésion.

EDM : Les Jeux Olympiques de Paris 2024, vous y pensez ?
SG : Évidemment ! C'est ce qui me sert de source de motivation au quotidien. C'est un événement qui va être incroyable en France et j'espère vraiment que je participerai à cette grande fête ! J'aurai 23 ans, ce serait merveilleux de vivre une première olympiade dans son pays, sous les yeux de ses proches. J'ai grandi avec ce " Paris 2024 " en ligne de mire alors je compte bien tout mettre en oeuvre pour y arriver.

EDM : Quels conseils donneriez-vous aux jeunes et aux enfants de Nouvoitou qui voudraient faire du sport ?
SG : Je dirais qu'il ne faut pas avoir peur. Il faut oser, essayer si un sport nous attire, proposer à des amis et surtout se faire plaisir ! Ne pas abandonner dès le premier essai, persévérer et garder à l'esprit que c'est un jeu !

Propos recueillis par notre envoyé spécial dans l'État d'Oregon aux États-Unis.

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